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Le solaire photovoltaïque moins cher que le nucléaire
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Auteur : Yves Heuillard. Photo CC de Windwärts Energie GmbH

En Allemagne, dès cet automne le prix de rachat de l’électricité photovoltaïque garanti par le gouvernement sera inférieur à 10 cts le kWh. Au Royaume Uni, EDF exige, pour construire de nouveaux réacteurs EPR, un prix plancher garanti par le gouvernement d’au moins 11 cts pendant 35 ans avec une indexation sur l’inflation (1).

Selon Simone Löfgen, experte en énergie renouvelable à la Commerzbank (2), même à moins de 10 cts d’euros le kilowattheure, le photovoltaïque offre encore une rentabilité de 4 à 4,5 %. La baisse des prix du photovoltaïque en Allemagne, et par voie de conséquence dans le reste du monde (3), est largement due à une politique publique en faveur des renouvelables inscrite dans la loi pour les énergies renouvelables (Erneuerbare-Energien-Gesetz) votée en 2000, puis amendée plusieurs fois depuis.

Le Deutsches Institut für Wirtschaftsforschung (DIW), l’Institut de recherche économique de Berlin, a calculé de son côté, que le coût du nouveau nucléaire est de 10,9 cts le kWh (4), confirmant les simples données économiques citées ci-dessus. Pour Claudia Kemfert, directrice du département Energie Transports et Environnement de l’institut, en Europe Centrale le solaire est déjà moins cher que le nouveau nucléaire, ce qui est un signal très positif pour la Energiewende, le tournant énergétique allemand. Et même si la politique allemande de soutien aux renouvelables est coûteuse, et le restera pendant encore une dizaine d’année, le solaire photovoltaïque pourra bientôt se passer des aides publiques. "Nous avons atteint le point où le solaire, peut être compétitif avec toutes les autres formes de production d’énergie, sauf l’éolien terrestre en bordure de littoral", confirme encore Bernhard Beck (5), patron de Belectric, le plus grand développeur de projets photovoltaïques en Allemagne.

L’exemple allemand de la Energiewende Reste le défi de la gestion de l’intermittence des sources photovoltaïques. Les Allemands ont compris que le problème pouvait être résolu par la complémentarité du vent, du soleil, de l’hydraulique et des bioénergies, par une meilleure interconnexion des réseaux européens (6), par une gestion de la demande en fonction du prix instantané de l’électricité, enfin par le stockage et l’efficacité énergétique.

Depuis le mois de mai dernier, l’Allemagne encourage par exemple l’installation de batteries de stockage associées aux systèmes photovoltaïques et l’autoconsommation. En consommant sa propre électricité, ou celle de sa coopérative, le consommateur allemand paiera entre 10 et 15 cts le kWh selon la taille de l’installation, contre 27 cts d’euros s’il l’achète sur le réseau. L’autoconsommation permet par ailleurs de réduire la charge du réseau électrique et le niveau des investissements publics nécessaires pour l’adapter aux énergies renouvelables. Certes, rien n’est simple au pays de la Energiewende, et les modèles économiques des énergéticiens classiques avec leurs grosses unités de production centralisées sont remis en question par les renouvelables, leurs millions de petits producteurs d’énergies, leurs centaines de coopératives énergétiques. Mais les Allemands ont compris depuis longtemps, que le passage aux renouvelables et la résolution passionnante et stimulante des problèmes qu’il soulève leur ouvrirait un marché mondial gigantesque en même temps qu’il réduirait massivement la dépendance du pays au combustibles fossiles importés.

Résistance, information lacunaire, et mensonges En France, curieusement, l’information sur la compétitivité du solaire, et des renouvelables en général s’arrête sur le Rhin. L’institut de recherches économiques de Berlin (DIW) vient d’ailleurs de prendre position à l’encontre de la Commission Européenne accusée de surestimer le coût des renouvelables (3 à 4 fois plus cher que son propre calcul) et de sous-estimer celui du nucléaire (1,5 à 2 fois mois cher que son propre calcul). Dans son rapport public sur la politique de développement des énergies renouvelables, publié en juillet 2013, même la Cour des comptes voit encore davantage les difficultés posées par les énergies renouvelables que les opportunités, se fondant sur un coût de production du kWh photovoltaïque compris entre 11,4 cts et 54,7 cts le kWh, selon l’ensoleillement et la taille de l’installation - des chiffres fournis par l’Ademe. Il aurait été intéressant de comprendre les différences avec les coûts en Allemagne dont la partie la plus méridonale est à la lattitude de Besançon (voir des éléments de réponse dans notre article "Solaire photovoltaïque, les tarifs de rachat sont-ils adaptés ?" ). D’autres chiffres ayant servi de base au rapport de la Cour des comptes viennent du CEA et sont obsolètes au regard du dynamisme de la filière photovoltaïque. Donnez des chiffres clés de 2011 pour le photovoltaïque Allemand quand la variation en 2012 est de 45%, et la baisse du prix d’une installation solaire de 25 % entre fin 2011 et mi-2013 (source BSW Solar) ne reflète pas la réalité. Dans un ouvrage publié en février 2013 sous le titre de "Kampf für Strom", en français "La bataille pour l’électricité", Claudia Kemfert dénonce les mythes et les mensonges du débat sur l’énergie et le lobbying des énergéticiens classiques contre le tournant énergétique (7).

Références 1) Bloomberg 28 juin 2012 et notre article du 19 mars 2013. Pas de décision prise par le gouvernement britannique au moment où nous écrivons ces lignes sauf en ce qui concerne une garantie financière de 10 milliards de livres sterling. 2) Propos rapporté par le magazine allemand Manager Magazin Online le 09/08/2013 3) Fin 2012, l’Allemagne disposait du tiers des installations photovoltaïque du monde. 4) Der Spiegel Online. Août 2013. Voir également l’interview de Claudia Kemfert par la chaîne de télevision publique ARD. 5) Manager Magazin Online, ibid. 6) Par exemple un accord a été signé en mai 2013 entre la Norvège et l’Allemagne pour interconnecter l’énorme capacité hydroélectrique norvégienne avec le réseau allemand, les précipitations scandinaves venant au secours des vents germaniques, et vice versa, selon les aléas météorologiques. 7) Voir une interview de Claudia Kemfert par l’auteur de cet article, qui sera publié dans le magazine We Demain en septembre 2013

La France, la tête dans le sable En France l’électricité produite par le nouveau parc solaire de Mios (Gironde), construit par Juwi pour le Groupe Ylliade et inauguré le 1er juillet 2013, est vendue à EDF à un tarif de 11,38 c€/kWh seulement, moins de la moitié de l’éolien en mer. Selon Nicolas Pagès, directeur général de juwi EnR, les derniers développements du cadre réglementaire du photovoltaïque en France auront pour conséquences de rendre plus difficile une telle compétitivité de l’électricité solaire.


 
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Le 11 mars 2011, le monde a basculé.

Bercé par la petite musique du lobby nucléaire, nous avions, comme dit Olivier Deleuze, confondu improbable et impossible. Après Fukushima, la réplique qu’on nous sert depuis 40 ans - "le risque zéro n’existe pas" - a pris une autre dimension. Même le premier ministre japonais déclare aujourd’hui que "le Japon a succombé au mythe de la sureté nucléaire".

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