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Une meilleure organisation de la politique de recherche est possible en Communauté française de Belgique. Cette politique est complexe car elle doit d’abord prendre en compte les spécificités des scientifiques, notamment leurs difficultés de carrière. En termes organisationnels, elle doit aussi prendre acte de la relative schizophrénie du monde scientifique par rapport à l’action collective car les scientifiques sont le plus souvent des individualités remarquables et passionnées qui préfèrent les réseaux aux structures. Si l’objectif ultime du développement scientifique est l’augmentation du bien-être, il importe de sortir d’une logique du tout technologique pour ouvrir une approche systémique des innovations. Dans une vision ouverte de la recherche, plusieurs voies d’innovation pourraient coexister dans un rapport qui privilégierait la complémentarité sur la concurrence. Une telle ouverture peut contribuer sur le long terme à un développement durable de nos sociétés.

Contexte et objectifs

Positionnement

Beaucoup de rapports décrivent la situation de la recherche en Europe ou en Belgique. Ils sont souvent bien faits, analytiques et comparatifs mais ils laissent peu de place au quotidien du chercheur et à la réflexion sur la motivation et le mode d’orientation des recherches. Par ailleurs, ce type d’approche est quantitatif, basé sur des classements ou des indicateurs, et ne tient pas compte des différences entre cadres de référence de la recherche et de l’enseignement supérieur d’un pays à l’autre. Notre objectif dans cet article est de contribuer à un débat sur les politiques de recherche en partant du point de vue du chercheur. Dans une seconde partie, nous nous interrogerons sur la finalité sociétale de la recherche de façon délibérément provocantrice.

Trois paradoxes de la recherche

La recherche est bâtie sur un triple paradoxe. Elle s’appuie sur des structures mais ces structures sont peu respectées par ceux qui y cohabitent. Deuxième paradoxe : les chercheurs se disent impliqués dans un processus collectif mais vénèrent et, pour certains d’entre eux, rêvent de devenir, des individualités remarquables. La troisième dimension est celle qui devrait le plus nous préoccuper en tant que citoyens : les chercheurs se disent motivés par le progrès de la société mais sont très jaloux de l’indépendance de leurs recherches qui frôlent parfois la lubie. Ces trois paradoxes expliquent sans doute que, pour beaucoup de scientifiques, la recherche, comme discipline, et spécifiquement, leurs recherches comme activité précise ne peuvent être soumises aux contraintes de l’analyse, du contrôle social et de la réflexivité. Leur intime credo est que toute recherche est bonne si elle est faite en visant l’excellence intellectuelle et expérimentale.

Organisation de la recherche en Belgique

La recherche en Belgique et plus spécifiquement en Communauté française peut se faire dans trois types de contextes : les universités, les centres de recherche et les entreprises.

Universités

En Belgique, la recherche s’identifie d’abord à l’université. L’université est un lieu mixte de recherche et de formation. Nées au XIIIème siècle, les universités s’inscrivent avant tout dans le prolongement d’un cursus de formation entamé avec les études primaires et secondaires. Au Moyen-Age, elles se caractérisent toutefois par deux spécificités. Premièrement, la formation au savoir de haut niveau est inséparable de la formation du savoir lui-même, l’enseignant universitaire est à la fois enseignant et chercheur. Deuxièmement, l’université est, par excellence, le lieu de formation des élites, essentiellement religieuses au Moyen-Age, laïques ensuite. Ce modèle médiéval a craqué à la fin du XVIIIème siècle, après la révolution des Lumières. L’émergence de savoirs pratiques a entraîné la création d’autres lieux de formation de haut niveau, les écoles spéciales. Quand, en 1809, Wilhelm von Humboldt refonde l’université de Berlin, il assigne un nouveau rôle à l’université : former l’homme par le savoir en s’appuyant sur deux convictions2 :

  • la formation de l’humain est une formation à son humanité qui ne peut trouver sa pleine expression que dans une formation à la pratique scientifique comme activité autonome ne trouvant sa fin qu’en elle-même ;
  • cette formation ne peut se réduire à l’acquisition d’une compétence technique mais doit tendre vers un savoir englobant et unifié. Les savoirs universitaires se définissent donc en relation les uns avec les autres.

On comprend que, selon cette définition, l’université ne se conçoive le plus souvent que complète (intégrant toutes les disciplines, des arts aux sciences) et humaniste. En Belgique francophone, le paysage universitaire reflète cette vision des choses dans des universités « complètes »3 comme l’UCL, l’ULB et l’ULg autour desquelles se structure actuellement l’enseignement supérieur dans la logique des académies.

Aujourd’hui, cette vision issue des Lumières est mise à l’épreuve tant à l’intérieur du monde universitaire que par les attentes de la société vis-à-vis de l’université. Le monde universitaire est actuellement agité par une logique de compétition alimentée par la prise de conscience de la globalisation, les meilleures universités attirant les meilleurs étudiants à l’échelle planétaire4. Mais quelles sont les meilleures universités ? C’est là qu’intervient le jeu des indicateurs et des classements (élégamment appelés rankings) que tout le monde conteste mais sur lesquels chacun a l’œil rivé. De l’extérieur, l’université est aussi sollicitée. On attend de la formation universitaire qu’elle soit la plus professionnalisante possible sans vraiment que cette notion ne soit définie. Les (futurs) étudiants et leurs parents voient dans la formation universitaire une garantie de statut social.

Centres de recherche

Sous le vocable Centre de recherche, on pourra regrouper toutes les structures où la recherche est l’activité principale et où le chercheur est à temps plein ou quasi temps plein dans un travail de recherche. On pensera aux grandes institutions fédérales comme l’Institut Royal des sciences naturelles, le Musée de Tervueren mais aussi aux Centres de recherches agricoles wallons5. En Région wallonne, proportionnellement peu de chercheurs travaillent dans ce type de centre. En Région flamande, des initiatives nouvelles ont conduit à la création récente de centres de recherche très ambitieux comme le VITO (Vlaamse instelling voor technologisch onderzoek - environ 500 personnes) ou le VIB (Vlaamse instelling voor Biotechnologie) qui regroupe plus de 1.000 personnes.

Entreprises

La recherche se fait aussi en entreprise. Il y est parfois difficile de faire la part entre recherche fondamentale, recherche-développement et politique d’innovation, dans un jeu sémantique dont l’entreprise moderne a le secret. Il reste qu’une bonne partie de nos ressources financières et humaines en matière de recherche provient d’un cadre privé, parfois porté au pinacle comme dans la communication sur le plan Marshall. En effet, à court terme, financer des recherches en entreprise peut apparaître comme la méthode la plus directe pour construire un mythique lien recherche-innovation-emploi. A plus long terme, la démonstration est moins convaincante car le risque d’un enfermement (lock-in) technologique est peut-être plus important6 dans l’environnement plus contraint de l’entreprise que dans le cadre plus libre de l’université. Ce n’est pas en soutenant la recherche dans l’industrie pharmaceutique que l’on va faire émerger de nouvelles approches de la santé basées sur la médecine préventive hors médicament. Si l’objectif premier de la recherche en entreprise est de renforcer la position compétitive de l’entreprise, il n’est pas interdit de s’interroger sur la pertinence du financement par les pouvoirs publics de celle-ci.

La structure de recherche, quelle qu’elle soit, a tendance à s’auto-justifier et à plus penser son orientation en fonction de ses points forts d’aujourd’hui qu’en fonction des attentes sociétales par exemple. La question est alors : comment soutenir l’innovation dans la continuité des compétences et des réussites d’aujourd’hui tout en suscitant les meilleurs scénarios pour le futur ?

Les acteurs

La carrière du chercheur

Les étapes

La carrière du chercheur est scandée par trois grandes étapes, correspondant assez strictement à trois âges. L’entrée en recherche se fait en général juste après la fin d’un cycle universitaire7. Elle consiste en l’inscription à un doctorat, c’est-à-dire à une formation longue (3 à 4 ans) à la recherche par la recherche. C’est un passage obligé : la définition universelle et minimale du chercheur, depuis Ouagadougou jusqu’à Princeton, c’est quelqu’un qui possède un doctorat et qui travaille dans un environnement scientifique.

La deuxième étape après l’obtention de ce doctorat est le basculement souhaité dans un post-doctorat : c’est-à-dire une période courte où l’on valorise les acquis tout frais du doctorat dans un nouveau cadre, en général à l’étranger. Ce post-doctorat ouvre souvent une période d’incertitude, qui se résout plus ou moins rapidement en Belgique, soit par une nomination dans une structure de recherche (le plus souvent, en région wallonne, une université), soit par un abandon de la carrière de chercheur, soit par un statut incertain qui souvent se prolonge, de chercheur « contractuel », c’est-à-dire sous des contrats basés sur des prestations précises et à terme de un ou deux ans.

S’il parvient à faire carrière, le chercheur va être évalué sur sa production scientifique : très concrètement, le nombre d’articles publiés dans des revues d’audience internationale ou différents ratios basés sur la même donnée primaire.

La passion

Le monde de la recherche est un monde de spécialistes et donc à la fois un monde très profondément hétérogène et un monde où priment les réseaux, le plus souvent internationaux. Pour un chercheur, le premier collectif est celui des spécialistes de son domaine. Un chercheur a toujours plus à partager avec un spécialiste du même domaine dans une autre structure qu’avec un collègue d’une autre discipline dans sa propre institution. Tout chercheur a donc une double appartenance : son institution et son champ disciplinaire.

La carrière du chercheur n’est pas extraordinaire financièrement. A titre collectif, cela pourrait s’expliquer par la faible importance économique accordée au travail du chercheur (par rapport par exemple aux communicateurs ou aux financiers). A titre individuel, cette situation est compensée par une certaine liberté dans le choix des thématiques et dans l’organisation du travail.

Le caractère passionné de la recherche fait qu’il y a peu de normes de qualité si ce n’est un autocontrôle parfois revendiqué agressivement8. Il est remarquable qu’en recherche, les cas de fraude sont le plus souvent davantage motivés par la passion ou le prestige que par le lucre9.

La passion du scientifique est aussi la forme privilégiée de sa médiatisation. Einstein a supplanté Pasteur comme figure du savant, un peu fou, très intelligent et passionné. Le patron de laboratoire de la fin du XIXème siècle, très lié aux milieux industriels et porté par des questions aux applications immédiates, a donc laissé la place à une figure beaucoup plus hors du monde, originale et solitaire. Ce registre de la passion explique sans doute aussi l’enthousiasme médiatique pour les figures hybrides de savants-explorateurs (ou les «  savanturiers » comme le titrait joliment une récente revue Louvain) comme Haroun Tazieff, Bertrand Picard ou Alain Hubert qui ne sont pas ou plus des scientifiques mais qui sont perçus par le grand public comme des moteurs du progrès des connaissances. On notera le relatif grand écart entre cette vision de la science comme un monde de passionnés et un discours sur la science comme moteur de l’innovation au service du développement économique.

La spécialisation est-elle un mal nécessaire ?

La plupart des scientifiques sont complices de cette vision simplifiée de la science comme une vocation personnelle. Cette posture est en résonnance avec l’idée que toute connaissance est bonne. La passion conduit aussi à une évolution vers la spécialisation, la passion étant souvent une manie au sens étymologique. Finalement, le registre de la passion est, pour le scientifique, celui qui l’aidera à s’associer aux meilleurs collaborateurs. Triple renforcement d’une approche vocationnelle de la carrière scientifique.

Cet accent privilégié accordé à la dimension passionnelle est aussi en partie imputable à ce que, dans leur propre formation, les scientifiques ont été peu confrontés à une approche épistémologique et critique de leurs savoirs. Ils vénèrent souvent plus leurs maîtres pour leurs compétences pointues que pour leur vision critique. J’ai personnellement l’impression qu’un discours réflexif sur la discipline que j’enseigne (la génétique) intéresse une majorité d’étudiants mais, paradoxalement, la minorité la moins intéressée par ce type de discours est constituée par les étudiants qui s’orienteront plus tard vers la recherche.

L’accroissement quantitatif des connaissances a favorisé le compartimentage de l’apprentissage, rendant très difficile une approche intégrative ou systémique des savoirs. Or, c’est par la systémique que les savoirs se décloisonnent et qu’ils interrogent la société sur la pertinence de leurs options. En effet, contrairement à une préconception, toute démarche scientifique est le produit de choix qui affecteront, parfois pour de très longues périodes, le type d’innovation auquel contribuera un savoir. Ce sont des choix posés dans les années 1950 dans l’orientation de la recherche en génétique végétale en France qui expliquent en partie l’importance prise par l’approche transgénique aujourd’hui, alors que d’autres pistes auraient été possibles.

Si la démarche scientifique implique une spécialisation, comment concilier cette exigence avec celle de la réflexivité ? Comment éviter que tous les scientifiques d’un domaine, la génétique par exemple, soient fascinés par les mêmes promesses, les mêmes outils, les mêmes gourous ? Pour répondre à ce défi, on peut imaginer d’élargir la formation, de faciliter les transitions professionnelles entre types de savoir et de favoriser les interactions entre disciplines.

Financement de la recherche

La recherche est un métier de passionnés inscrits dans des réseaux plus internationaux que nationaux. C’est un métier qui demande une grande liberté de pensée. Comment articuler cette liberté de pensée avec le rôle social du chercheur ?

En pratique, un fort outil d’articulation est l’argent. Le chercheur a besoin d’argent. D’abord pour son propre salaire, même si dans beaucoup de cas, en Belgique, le responsable d’équipe est nommé et donc assuré d’un revenu. Ensuite, il s’adjoindra des collaborateurs qui eux, travailleront sur bourses ou conventions. Il a aussi besoin d’argent pour acquérir des équipements, pour faire vivre ses réseaux ou participer à des réseaux. Ce lien à l’argent est un non-dit dans le monde européen continental. Je connais peu de chercheurs qui communiquent aux collègues le montant des financements obtenus. Ce serait même plutôt l’inverse. L’argent n’est accepté que parce qu’il est converti en moyens d’action. En cela, la recherche est une activité non marchande.

Pourtant, c’est ce flux monétaire entre bailleurs de fonds et chercheurs qui relaie la demande sociétale. Dans un pays comme la Belgique (ce n’est pas tout à fait la même chose en France), on ne donne pas un cahier des charges au monde de la recherche, on ne lui dit pas « explore telle voie, réponds à telle question ». Par contre, on oriente la recherche en conditionnant une partie des financements à des thématiques précises. Les chercheurs sont libres de s’inscrire dans ces axes mais s’ils ne le font pas, ils diminuent drastiquement leur probabilité de financement.

Qui fixe ces axes prioritaires ? En général des comités reprenant trois ou quatre types d’acteurs : le politique (en général par le biais de représentants des cabinets ministériels), l’administration (qui assure la continuité des processus en étant normalement plus en retrait sur les dimensions stratégiques), les chercheurs, souvent en tant que représentants de leurs institutions et, facultativement, la société civile. La définition des objectifs et leur imposition aux chercheurs est assez implicite et souvent peu transparente. Elle génère aussi une tension quand il faut articuler une finalité précise à échéance d’un ou deux ans avec l’encadrement d’un doctorat qui demande trois ou quatre ans de financement et nécessite donc le renouvellement ou la combinaison de sources de financement.

Une des particularités de la recherche en Belgique est la dispersion des gestionnaires politiques de la recherche. Beaucoup de ministres ont une compétence « recherche » dans leurs attributions. Cela conduit à deux dérives principales : d’une part, une confusion de vocabulaire, «  recherche  », «  innovation  », « développement  » recouvrant des réalités mal définies, et, d’autre part, un sentiment d’autonomie des administrations par rapport à leur ministère de tutelle, avec des conséquences variables. Le FNRS (Fonds National de la Recherche Scientifique), par exemple, s’autogère en mettant en avant la seule excellence scientifique sans jamais la définir et sans que cette notion n’ait fait l’objet d’une validation par le pouvoir politique et la société civile. Des structures plus orientées, comme la politique scientifique (BELSPO), essaient d’assurer une continuité des engagements de la Belgique au niveau international, sans en avoir vraiment les moyens et en essayant, en parallèle, de répondre à des enjeux sociétaux. Le miracle est que cette hétérogénéité un peu anarchique conduise néanmoins à une production scientifique très honorable par rapport à nos voisins mieux dotés et plus explicitement organisés en matière de recherche. Les éléments de ce miracle sont probablement une bonne volonté générale, une capacité d’adaptation et d’initiative et une petite taille qui évite les effets « paquebot  »10.

A quoi sert la recherche ?

Les objectifs de la recherche

Ce cadre étant fixé, la question essentielle reste « A quoi sert la recherche ? », si elle doit servir à quelque chose. Spontanément, on se rend compte que la recherche présente trois caractéristiques qui rendent fragile son utilité :

1) ses résultats sont souvent imprévisibles et pas toujours proportionnels aux financements engagés ;

2) elle demande un investissement sur le long terme et de la continuité ;

3) elle demande une liberté de pensée.

Concrètement, on peut imaginer deux modes de régulation de la recherche : soit on en planifie les actions et on lui fixe des objectifs précis (c’est le modèle soviétique des années 50 mais aussi les grands programmes comme le spatial américain ou le nucléaire français), soit on laisse libre la définition des objectifs mais on évalue le travail réalisé et on finance en fonction de la qualité. Ces deux modèles doivent être vus comme des pôles, un grand nombre de combinaisons existant dans les intermédiaires. De plus, au milieu des années 80, est apparu un nouveau mode de mise à l’agenda et de financement des programmes de recherche inspiré du modèle anglo-saxon des charities : la subtile combinaison de la bonne volonté citoyenne, des médias et des chercheurs dans des opérations comme le Téléthon. Même si cela peut paraître choquant, ce type de programmes doit faire l’objet d’un regard critique car il renforce une image un peu angélique de la recherche scientifique dans le registre déjà décrit « toute recherche est bonne ». Lors d’une soirée Téléthon, on ne discute pas de la pertinence sociétale de la recherche proposée mais sont simplement combinées, dans une positive interaction, la rigueur sympathique du scientifique et l’émotion. La version décadente du même exercice serait une émission du même type mais où différents projets de recherche seraient mis en compétition : pour recherche sur le cancer, tapez 1  ; pour énergie éolienne, tapez 2 et pour sous-marin nucléaire, tapez 3. A noter que l’on n’imagine même pas de mettre à l’écran dans de telles circonstances, une ligne de recherche sur les causes sociales de la violence des banlieues ou un soutien aux approches systémiques d’Edgar Morin. Cela fait sourire mais qui choisit entre énergie éolienne et sous-marin nucléaire ? Il serait ridicule de contester l’intérêt du Téléthon ou du Télévie comme formidables outils de mobilisation de l’opinion des pouvoirs politiques et médiatiques pour répondre à des urgences dans nos sociétés. On peut toutefois s’interroger sur leur fonctionnement auto-justificateur et leur contribution à une catharsis collective.

Le citoyen ou même le chercheur, ne se rend pas toujours compte que l’enveloppe consacrée à l’activité « recherche scientifique » est très limitée et que des choix sont posés. Qui pose ces choix ? Sur quels critères ? Qui a décidé des priorités du plan Marshall et sur quelles bases ? Qui fixe les priorités de la politique scientifique fédérale (BELSPO) ?

Plus près de chez nous, qui a décidé qu’une partie du financement de la politique scientifique fédérale allait être consacrée à une station polaire en Antarctique  ? L’intérêt d’un tel projet est indéniable et motivant mais combien d’autres projets ont dû être arrêtés pour mettre en œuvre cette station ? L’enveloppe de la recherche n’est pas élastique et même si des financements privés sont mis en œuvre, il est clair que des choix ont été posés pour privilégier l’Antarctique par rapport à la biodiversité en Belgique par exemple. Pour sortir de ces impasses et de ces caricatures, une prise de conscience est nécessaire : vu la taille de l’enveloppe destinée à la recherche, vu le coût toujours croissant de certaines voies de recherche, les chercheurs sont en compétition entre eux pour le financement, que ce soit à l’intérieur de leur discipline ou entre disciplines et toute recherche financée correspond à deux, trois ou dix autres voies de recherche qui ne le sont pas.11

D’autres que moi ont exploré cette question avec beaucoup d’intelligence. Je vois trois choses assez simples à faire rapidement :

  • rendre explicite que toute recherche n’est pas bonne en soi, que certaines recherches sont des impasses, que d’autres ne profiteront pas au plus grand nombre mais seulement à quelques uns, que certaines recherches renforcent certains modèles socio-économiques ;
  • revoir les interactions entre acteurs dans la définition des programmes de recherches et de leur financement ;
  • évaluer sérieusement les recherches financées sur fonds publics.

Recherche, formation, innovation

Imaginons qu’un chercheur soit nommé et que les objectifs de sa recherche sont déterminés. Comment va-t-il s’organiser, construire son équipe ?

Dans un monde de plus en plus compétitif et à la recherche de valorisation à court terme, deux mots clés résonnent comme des formules magiques : spécialisation (se recentrer sur son métier de base) et concentration (disposer d’un maximum de moyens, d’un quasi monopole dans un domaine donné). Appliqué à la recherche, cela devient « à chacun son métier » que les enseignants enseignent et que les chercheurs cherchent avec le risque d’une spécialisation des métiers au sein de l’université, les meilleurs chercheurs se consacrant à plein temps à la fonction recherche et les enseignants se trouvant de facto plus sollicités par les cours. Ce serait une révolution en Belgique où la plupart des chercheurs sont de fait dans une situation mixte d’enseignant/chercheur. Ma conviction est qu’à moyens limités, la fonction mixte est le meilleur compromis pour l’utilisation des deniers publics et explique en partie l’efficacité relative de notre système belge.

La taille d’une équipe de recherche peut aller d’un individu à une centaine de collaborateurs. Trois grandes stratégies s’offrent au chercheur : la taille critique (qui par définition est une grande taille), la stratégie en réseau où le chercheur belge s’inscrit dans un réseau international et y trouve les moyens d’y développer ses recherches ou la niche qui consiste pour une équipe de taille modeste à identifier un thème délaissé par les grandes compétitions internationales ou un thème sur lequel elle a une vraie bonne idée. Tout cela peut sembler bien stratégique par rapport aux grands idéaux de la science mais sans stratégie, peu de résultats sont envisageables.

Dans les sciences exactes ou médicales, la question de la masse critique et de la concentration des moyens sur quelques équipes excellentes est souvent mise en avant. Elle soulève pourtant des questions d’une réelle complexité. D’une part, toute affectation des moyens se fait au détriment d’une autre ligne de recherche non financée. D’autre part, ce qui s’appelle une taille critique en Belgique peut être un petit «  riquiqui  » à l’échelle européenne et donc, on ne peut imaginer une taille critique d’un point de vue européen en Belgique que pour une poignée de sujets.

The winner takes all

Dans ces différentes stratégies, tous les choix ne sont pas rationnels et la dimension risque n’est pas négligeable. En effet, la recherche la plus compétitive, celle qui ramène des brevets ou des prix Nobel, est basée sur le principe «  the winner takes all  ». Une fois le brevet pris ou l’article publié dans un grand journal de référence, il ne reste que les miettes pour les suivants, quelque soit l’investissement que ceux-ci ont consenti. A l’heure où beaucoup de grands pays s’équipent de cancéropoles ou de centres de recherche sur les nanomatériaux, ne faudrait-il pas s’interroger sur la nature complémentaire ou concurrentielle de ces structures  ? En effet, ces dernières années, la recherche est devenue de plus en plus indépendante du territoire. Pasteur a travaillé sur les vers à soie, les maladies des vignes... et la rage dans l’Est de la France mais l’Institut Pasteur d’aujourd’hui travaille sur des thématiques identiques aux grands instituts anglais ou américains. Il est illusoire, et probablement contreproductif, d’imaginer une gouvernance mondiale de la science. Par contre, il serait naïf de financer en Belgique de grandes structures sans tenir compte de la donne internationale.

Evaluation

Contexte

L’évaluation de la recherche est d’autant plus difficile que son cahier des charges est flou. Dans un monde idéal, elle pourrait être évaluée en fonction du cahier des charges qui lui a été donné, de la qualité du travail réalisé et d’éventuels résultats émergents ou imprévus. L’évaluation de la recherche est aussi dépendante du cadre de référence : le monde de la recherche lui-même, le monde de l’entreprise ou la société au sens large.

A l’intérieur du monde de la recherche, le principal critère d’évaluation d’une recherche est sa diffusion : une recherche doit d’abord être publiée et la qualité de cette publication est évaluée principalement quantitativement. C’est le jeu de «  citation index  » et des «  impacts factors  »12.

Par rapport à une attente du monde économique, la recherche est le plus souvent considérée comme réussie si elle a conduit à des brevets. L’équation semble être : recherche = innovation, brevet = indicateur d’innovation. On raisonne ici dans l’absolu. En termes relatifs, un brevet n’a de sens que s’il est exploité et il n’est pas toujours prouvé que c’est celui qui a aidé au développement de la recherche en amont du brevet qui en tire les bénéfices en aval. Si l’équation, «  progrès des connaissances égale innovation et innovation égale emploi  » est peu discutée à l’échelle macroscopique, elle est encore plus rarement démontrée à l’échelle locale. De plus, l’emploi basé sur le développement des connaissances et sur les brevets est souvent par définition un emploi destiné à des personnes très qualifiées alors que la plupart des demandeurs d’emploi le sont parce qu’ils sont sous-qualifiés13. Tout développement technologique devrait donc s’accompagner d’un effort de formation des personnes susceptibles de travailler sur cette technologie faute de voir très vite s’exporter la brillante idée, accroissant ainsi le décalage entre les demandeurs d’emploi et les possibilités de débouchés.

Pour la société, une recherche est validée si elle augmente notre bien-être. Or la façon d’évaluer la contribution d’une action humaine au bien-être général reste bien difficile à définir et est essentiellement basée sur une approche économique et quantitative.

Quelles solutions à cette complexité ? L’une est déjà en œuvre  ; elle est macroscopique : la recherche est un outil de la compétitivité, on ne peut se permettre de laisser les Américains ou les Chinois seuls dans toutes les voies de recherches. Peut-on imaginer une façon non compétitive d’évaluer la recherche, soit en complémentarité du modèle actuel ou comme seul modèle possible sur le long terme pour répondre aux défis planétaires ?14

Aspects systémiques

L’évaluation s’inscrit dans un système hiérarchisé et emboîté : le chercheur qui doit arbitrer entre ses compétences, ses passions et sa pertinence en termes d’efficacité (production d’articles scientifiques lus et donc reconnus) et de rôle sociétal (capacité à obtenir des financements), le niveau régional ou national qui cherche d’abord des réponses à des questions mais veut aussi pouvoir se prévaloir d’une contribution à la science comme finalité en soi, les niveaux européen et international où priment les notions de compétitivité, de réseau et de facteur d’échelle. Les frontières entre les différentes motivations sont floues, dépendantes des visions personnelles du monde, de la proximité entre la politique d’un Etat ou d’une entité fédérée et la politique européenne. Et on n’oubliera jamais que l’autojustification est une discipline très bien maîtrisée par le monde de la recherche, surtout en situation d’exposition médiatique.

Les scientifiques sont souvent tentés par un modèle où le choix des thématiques de recherche est peu contraint mais où l’exigence porte avant tout sur la qualité absolue du résultat. Le modèle est inspiré par une vision un peu mythique de la recherche dans laquelle les grandes découvertes sont dues à des coups de génie dont les seules sources sont la compétence et l’intelligence pure du chercheur.

L’évaluation comme outil d’une politique

L’évaluation ex-post sur base de l’excellence de la recherche peut-elle être un bon outil de politique de recherche ? Financer sur base d’un critère d’excellence implique que l’on ait pu établir cette excellence et que l’on considère qu’elle est un outil de politique15. L’avantage de ce critère est de réduire le fossé entre motivation du chercheur, mesure de son efficacité et attente du bailleur de fonds. Elle présente toutefois un risque si on n’est pas capable de distinguer ce qui est qualité intrinsèque et effet boule de neige16.

Comment favoriser les meilleures équipes sans entraver l’émergence de nouveaux groupes plus jeunes et à la réputation moins assise ? Par delà cette question d’équité, le financement de ce qui marche déjà, de ce qui a fait communauté, de ce qui est très cité, peut conduire à l’enfermement technologique. Gaëtan Vanloqueren17 a montré que des biotechnologies, et singulièrement la mise en avant des plantes transgéniques comme ultime progrès en agriculture, ont bénéficié de cet effet d’entraînement. Cela nous conduit aujourd’hui à une impasse où certaines innovations alternatives, et probablement plus durables (comme le génie agro-écologique ou l’utilisation de la biologie moléculaire comme outil de diagnostic et de sélection) sont insuffisamment développées car elles ont été jugées comme non prioritaires pendant les dernières décennies. Le choix exclusif du nucléaire en France et en partie en Belgique, explique aussi notre retard dans les technologies liées aux énergies renouvelables. Des voies d’innovation qui semblaient évidentes et exclusives dans le passé, sont aujourd’hui discutées et discutables au vu des sommes englouties et des résultats proportionnels obtenus.

Le lien recherche scientifique-innovation doit être mieux discuté : la recherche scientifique est une démarche culturelle et non économique, elle contribue à la construction des savoirs et des méthodes. Elle obéit à des règles et à des rites. Les résultats de la recherche scientifique peuvent apporter des éléments d’innovation mais il est essentiel de distinguer le soutien de recherches qui peuvent avoir des retombées scientifiques, et l’aide à la recherche scientifique qui favorise la formation et la carrière des chercheurs sans les contraindre à une thématique. Le Fonds National de la Recherche Scientifique revendique cette seconde posture : il se base sur l’excellence (sans la définir) et travaille avec des comités très fermés. Cela risque de conduire le plus souvent au renforcement des logiques existantes sans participer au renouvellement des champs disciplinaires. En complémentarité à cette approche de recherche « pure », une recherche plus orientée vise à :

1)accumuler des connaissances dans des domaines précis parce qu’importants socialement ;

2)répondre à des questions précises et proposer des pistes de solution selon une démarche scientifique ; ce peut être soit l’industrie, soit l’administration ou Greenpeace qui pose la question ;

3)fédérer des ressources autour d’une thématique ;

4)venir en appui d’une démarche industrielle d’innovation.

Les frontières sont floues entre ces différents objectifs mais ce n’est pas une raison pour nier l’existence de finalités et de temporalités différentes au sein du monde de la recherche et de l’innovation.

Conclusion

La recherche est souvent perçue comme un monolithe, parfois poussiéreux. Quelques stars crêvent l’écran mais renforcent l’image d’un monde peuplé de passionnés pleins d’idéal. L’articulation de cette vision idyllique aux réalités du financement et des attentes de la société par rapport au chercheur doit être mise en débat. Non pour définir une politique de recherche mais pour garantir une diversité de possibles dans une vision dynamique et pluridisciplinaire des grandes questions d’aujourd’hui.

La vision actuelle de la recherche prônée notamment par la Commission européenne est basée sur un triangle : progrès des connaissances - innovation et croissance - emploi et bien-être. Les articulations de ce triangle ne sont pas démontrées, et surtout, cette approche ne peut couvrir tous les champs de la connaissance. Le monde de la recherche est un univers de diversité, empli de paradoxes internes et soucieux de retrouver sa place au sein de la société. Seule une profonde interrogation sur la pertinence des orientations prises et sur l’hypocrisie de certains discours d’autosatisfaction peut conduire à dépasser la stérile logique d’opposition entre scientisme et craintes irrationnelles.

Si, par son caractère original et élististe, la recherche n’est pas une aventure collective, elle devrait au moins être une aventure pour le collectif.

Pistes de réflexion

1.Comment organiser l’évaluation de la recherche ?

2.Faut-il des objectifs nationaux en matière de recherche ?

3.Comment concilier passion et pertinence sociétale dans le travail du chercheur  ? Peut-il être contraint ?

4.L’excellence scientifique est-elle un mythe, un Graal ou un indicateur de progression ?

5.Quel est le rôle des fonctionnaires/gestionnaires de la recherche dans l’organisation et l’évaluation de la recherche ?

6.Comment conduire le citoyen à dépasser des visions simplificatrices de la démarche scientifique pour appréhender la science comme un objet social ?

7.Pour un problème donné, plusieurs voies d’innovation sont possibles. Ces voies différentes mobilisent des disciplines et donc des scientifiques différents. Comment favoriser cette diversité des approches sous contraintes budgétaires ? A quel moment, faut-il choisir entre les différentes voies de recherche/innovation  ?

8.La Région flamande a réinvesti sa recherche en termes financiers et organisationnels. Quelles leçons pouvons-nous en tirer ?

1Philippe Baret est ingénieur agronome (aujourd’hui bioingénieur) de l’Université catholique de Louvain. Il a travaillé deux ans et demi au Congo et est ensuite retourné à l’Université catholique de Louvain comme assistant. Dans ce cadre, il a présenté une thèse de doctorat sur la génétique de la durée de vie chez la mouche à vinaigre, un sujet dont l’importance sociétale saute aux yeux. Il a ensuite travaillé deux ans à l’Université d’Edimbourg. Nommé chargé de cours à l’UCL en 1997, il est professeur depuis 2003 et enseigne la génétique et l’analyse des systèmes. Il poursuit des recherches sur la biodiversité et l’évolution moléculaire et participe à de nombreux travaux d’expertises pour les structures de recherche françaises notamment.

2Renaut – Que faire des universités ? Bayard, 2002, p. 49

3Une tension existe toutefois autour de disciplines comme le business ou l’ingénierie où la tentation d’identifier des structures se distinguant du cadre universitaire existe (Ecole Solvay, Louvain School of Economics). On peut faire l’hypothèse que ces structures nouvelles jouent plus sur l’image que sur une véritable rupture avec la logique d’une université complète.

4Paradoxalement, dans le même temps, à l’échelle de la Communauté française de Belgique, le recrutement des universités est très lié à leur bassin géographique, les Liégeois privilégiant l’ULg, les Bruxellois l’ULB, etc ..

5Avec, dans ce dernier cas, une relative confusion entre la fonction de recherche comme construction de nouveaux savoirs et la fonction de vulgarisation.

6sur l’enfermement technologique voir Vanloqueren

7Cet enchainement immédiat n’est pas toujours positif car beaucoup de chercheurs n’ont rien connu d’autre que les couloirs des universités.

8« Les décisions de nature proprement scientifique doivent être prises par des chercheurs reconnus pour leur compétence, et non par le pouvoir politique ou syndical. En effet, le principal critère d’évaluation d’une recherche est sa capacité à faire avancer les frontières du savoir, ce dont ne peuvent être juges que les chercheurs qui sont eux-mêmes aux avant-postes de la découverte scientifique. La meilleure recherche internationale est organisée selon ce principe explicitement élitiste, tant au niveau des publications que des financements ou des promotions. Les décisions scientifiques (embauche et promotion des chercheurs, financement de leurs projets) ne doivent en aucun cas être prises par des représentants directement nommés par le pouvoir politique ou élus sur des listes syndicales. Ceux-ci peuvent avoir un rôle à jouer dans les orientations générales de la politique scientifique, dans le contrôle des procédures, ou dans la défense des personnels, mais non dans les décisions scientifiques elles-mêmes. La règle démocratique est cardinale dans le choix politique ; mais dans le choix scientifique, l’élitisme doit être pleinement assumé, car il est la condition pour que la recherche puisse remplir sa mission d’avancement du savoir. » - point de vue dans Le Monde du 28 janvier 2008 signé par un collectif de scientifiques dont une bonne proportion de spécialistes en sciences humaines.

9Voir notamment le remarquable ouvrage sur la fraude scientifique paru chez Points Seuil : La souris truquée.

10Le paquebot par sa taille est très difficile à manœuvrer et a du mal à collaborer d’égal à égal avec d’autres embarcations.

11Sur ce point, voir notamment Sciences et théologie : Les figures d’un dialogue par Dominique Lambert - 1999.

12De façon simplifiée, la citation index représente le nombre de fois qu’un travail scientifique, le plus souvent un article, a été cité. L’impact factor est lui un indicateur de la qualité d’un journal scientifique. Il dépend du nombre de citations des articles publiés dans un journal donné pendant une période fixée. Un article publié dans un journal comme Science ou Nature est en moyenne cité près de 30 fois dans les deux années qui suivent.

13Le plan Marshall, le mal nommé. Philippe Baret et Felice Dassetto, La Libre Belgique, 14.10.2005, p. 15.

14Il est difficile de croire que les solutions proposées par Total ou Electrabel pour répondre aux défis du changement climatique soient totalement neutres.

15C’est par exemple la position du commissaire européen à la recherche.

16On entend par effet boule de neige le fait que les meilleures équipes sont souvent celles qui ont précédemment reçu la plus grande attention d’un point de vue financement. Elles seraient donc systématiquement avantagées, croîtront en conséquence et le cycle se reproduira ainsi. On peut aussi parler d’ « effet Mathieu »

17Gaëtan Vanloqueren, Penser l’innovation à l’heure des plantes transgéniques. Thèse de doctorat. UCL, 2007. http://www.gena.ucl.ac.be/transgenique/


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