| Les nouveaux pouvoirs islamistes et le Printemps arabe |
Depuis deux ans, les espaces arabes sont bousculés par une transition politique dont les effets peinent encore à se faire ressentir. Au cœur de cette transition, l’essor des mouvements et organisations islamistes semble submerger les différents États touchés par ces mouvements de contestations. Étant parvenus au pouvoir dans certains, où occupant une place importante dans d’autres, ces organisations génèrent autant de jugements que d’interrogations.
Tandis que les craintes s’extériorisent de plus en plus face aux victoires électorales des mouvements islamistes, une nostalgie se fait jour pour « l’ancien monde arabe » précédant les révoltes de 2011. Cette nostalgie se construit autour de l’argument que les anciens régimes, bien que peu recommandables d’un point de vue politique et critiquables d’un point de vue économique, étaient plus stables, plus prévisibles et donc plus souhaitables1.
Une large incompréhension de ces phénomènes continue à parcourir les analyses présentes dans les médias occidentaux, allant parfois dans le renouvellement du poncif de l’« exception arabe » incompatible avec la démocratie2.
L’avènement au pouvoir de partis se revendiquant de l’islam politique pose ainsi de très larges questions : celle de la modération politique vs la création d’un État théocratique, celle du respect du jeu politique, celle de la défense des droits de l’Homme, avec un focus particulier sur les droits de la femme.
Ce sont ces différentes questions que cette analyse tentera d’aborder, afin de mieux comprendre l’histoire, les raisons de l’essor et les principes portés par ces différents mouvements. Dans un premier temps, il est toutefois utile de s’interroger sur la notion même d’islam politique.
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