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Motion votée à l’Assemblée Générale d’Ecolo le 1er juillet 1985.

C’est le premier effort de clarification idéologique des fondements du mouvement ECOLO.

Le Constat

Pendant des décennies, notre société a cru au « Progrès ». Elle a cru que son avenir se trouvait dans une croissance rapide de la production et de la consommation, et elle s’en est réjouie. Mais à l’euphorie a succédé le malaise. Puis l’inquiétude et l’angoisse. Peu à peu, on s’est rendu compte que cette croissance, que ce « développement des forces productives », tout ce qu’on se plaisait à appeler « progrès », engendrait des dégâts sans précédent dans l’histoire de l’humanité. C’est de cette prise de conscience qu’est née la sensibilité écologiste. C’est en elle que le mouvement écologiste trouve une vigueur sans cesse renouvelée.

Pareille prise de conscience ne pouvait déboucher que sur une remise en cause radicale du système de valeurs et de la vision du monde sur lesquels les sociétés industrielles – celles de l’Est comme celles de l’Ouest – se sont édifiées. Le système de valeurs dont ces sociétés se nourrissent est essentiellement matérialiste. La poursuite du bonheur s’y réduit à la croissance de la consommation. Le bien-être y est assimilé au produit national brut. Pour le mouvement écologiste, par contre, l’être prend le pas sur l’avoir, l’esprit de domination sur la nature fait place au respect des équilibres écologiques, la recherche de l’autonomie se substitue à l’esprit de compétition entre les hommes et entre les peuples.

A ce bouleversement dans l’ordre des valeurs se joint un changement profond de la vision du monde. Tout au long de leur histoire, les sociétés industrielles ont été dominées par une foi dans la démarche scientifique et dans l’intervention technologique, conçues comme la découverte et l’exploitation de relations causales simples, linéaires. Contre cette vision mécaniste du monde, la prise de conscience des dégâts du progrès a imposé une approche qui met l’accent sur la complexité des relations entre les phénomènes, sur l’influence réciproque qu’ils peuvent avoir entre eux (la « circularité »), sur le choc en retour qu’un phénomène peut exercer sur d’autres (la « rétroaction ») : cette vision est appelée systémique. La démarche de l’écologie scientifique illustre par excellence cette approche. L’écologie politique prend appui sur l’écologie scientifique. Elle s’en inspire souvent – même si rien ne saurait être plus éloigné de son projet qu’un monde écologiquement intact où une population robotisée travaillerait d’arrache-pied sous la direction d’une élite de savants et d’ingénieurs de l’écologie.

Quelle est alors la véritable nature du projet écologiste ? Dans quels constats ce projet s’ancre-t-il ? Quelles sont les composantes du mouvement social qu’il incarne ? Quelle stratégie politique est susceptible de le réaliser ? Répondre à ces questions, c’est définir les projets fondamentaux qui sous-tendent l’action du mouvement Ecolo.

  • Qu’elle soit animée par la recherche du profit et/ou par celle du pouvoir, la société industrielle est régie par une logique productiviste. Elle est enfermée dans une quête exclusive et illusoire d’une production toujours plus grande, d’un pouvoir d’achat monétaire toujours plus élevé. Et elle néglige de ce fait d’innombrables aspects de la qualité de la vie, du bien être des êtres humains. Aujourd’hui, à l’Est comme à l’Ouest, au Nord comme au Sud, que la croissance reprenne ou qu’elle se fasse attendre, cette société productiviste est dans l’impasse. Et elle l’est à de multiples niveaux :

2Dilapidation du Patrimoine2

  • La société industrielle a dilapidé notre patrimoine naturel : elle épuise à un rythme accéléré les ressources non renouvelables de la terre. Elle menace de disparition quantité d’espèces animales et végétales. Elle pollue l’air et l’eau, enlaidit l’environnement compromet partout les fragiles équilibres de l’écosystème.
  • A travers une uniformisation rapide des modes de vie, elle a dilapidé, au même rythme et avec le même aveuglement, le patrimoine culturel de l’humanité.

2Mutilation des Existences2

  • Parallèlement, la société industrielle a disloqué les communautés locales et ainsi condamné à la solitude anonyme une part croissante de la population.
  • Elle a dépersonnalisé et morcelé les activités de production, et ainsi privé le travail d’une bonne part de son sens.
  • Elle a engendré des gains de productivité fantastique qu’elle aurait pu utiliser pour libérer le temps, pour rendre le travail moins aliénant, pour laisser plus de place à ce qui importe vraiment. Au lieu de cela, ce potentiel n’a servi, en période faste, qu’à alimenter une course folle à la consommation.
  • En période dite de crise, ces mêmes gains de productivité ont absurdement conduit à faire du travail un bien rare, un privilège âprement défendu par les uns, avidement convoité par les autres. Une part croissante de la population se retrouve sans autre horizon que les aléas du chômage, de l’inflation, des mesures d’austérité. Et des attitudes défensives de tous ordres –racisme, sexisme, autoritarisme, intolérance à l’égard des minorités – ne tardent pas à ressurgir en force.

2Confiscation du Pouvoir2

  • En outre, que ce soit en tant que travailleurs, consommateurs, usagers, habitants ou citoyens, femmes et hommes sont de plus dépossédés, au profit de puissances anonymes ou lointaines, du pouvoir d’organiser l’activité économique et culturelle, et d’en répartir les fruits.
  • En particulier, l’internationalisation accélérée de l’activité économique – croissance du commerce extérieur, développement des multinationales – a accentué la prééminence des contraintes économiques sur les options politiques.

2Course à l’Abîme2

  • En même temps, entraînée par sa propre logique, la société industrielle a été conduite à produire des effets qui sont à l’exact opposé des fins qu’elle prétend poursuivre. Des contre-productivités apparaissent, conséquence du suréquipement. Ainsi, le développement des hôpitaux finit par engendrer le développement des maladies spécifiques. Et la prolifération des automobiles finit par faire perdre du temps à ceux qui les utilisent, au lieu de leur en faire gagner.
  • L’illustration la plus absurde et la plus tragique de cette logique est le surarmement nucléaire. La société industrielle n’a pas seulement alimenté des convoitises toujours plus fortes sur des ressources naturelles toujours plus rares, et ainsi accru dangereusement les risques de conflits internationaux. Dans l’intention déclarée d’assurer une meilleure protection, elle a développé des armes de plus en plus meurtrières qui mettent en péril la survie de l’humanité toute entière.

Le Projet

  • Saisis par l’urgence de ces multiples menaces, révoltés par l’aveuglement et l’insouciance de ceux qui auraient le pouvoir de renverser ces tendances, et par la complaisance de ceux qui en tirent profit, les écologistes luttent pour une transformation radicale de notre société. Ils ont pour projet de s’attaquer à ce qui, au cœur même de la société industrielle, constitue la cause profonde des dangers qui nous guettent et du malaise profond que nous éprouvons, sans pour autant prétendre retourner – ce qui ne serait ni possible ni désirable – à un mythique société préindustrielle.

2Choisir l’Avenir2

  • Le projet écologiste consiste d’abord à maîtriser la croissance et à la moduler en confrontant aux avantages qu’elle prétend procurer les multiples coûts qu’elle entraîne – de la destruction de l’environnement physique et humain aux risques qu’elle fait courir à la paix mondiale. Nous ne sommes que les usufruitiers de la Terre, non ses propriétaires, et n’avons pas le droit, poussés par notre soif de croissance, de compromettre le destin des générations futures.

2Changer la Vie2

Le projet écologiste consiste aussi, et indissociablement, à modifier fondamentalement les rapports sociaux. Pour les écologistes, il est vital de faire une place plus grande au temps passé hors de la sphère économique au sens usuel, à produire directement pour nos besoins, ceux de nos proches et de notre communauté, à participer activement à la vie de nos quartiers et de nos villages, de nos villes et de nos régions. Plus vastes sera cette sphère autonome, plus grande sera la part faite à des relations humaines qui échappent à la logique du marché comme à celle de l’Etat et peuvent donc être directement axées sur les valeurs d’usage, sur la satisfaction directe des besoins.

Mais il ne s’agit pas seulement de réduire la part relative de la sphère économique au sens usuel. Il est tout aussi essentiel au projet écologiste de transformer les rapports sociaux qui régissent tant le secteur privé que le secteur public, dans un sens autogestionnaire. En promouvant le développement de coopératives, de petites entreprises et d’associations à l’échelle locale, en luttant pour plus de démocratie dans les entreprises et dans les administrations, les écologistes visent à instaurer une société où les travailleurs – mais aussi, le cas échéant, les consommateurs, les usagers, les résidents – aient le droit de participer à la prise des décisions qui les concernent.

Pour les écologistes, la nature des rapports sociaux n’est pas dissociable du choix des outils, de la technologie. Dans la sphère autonome comme dans l’autre, dans le Tiers-Monde comme chez nous, il importe non seulement que les outils puissent être mis en œuvre avec les moyens et les capacités dont dispose concrètement la population, mais aussi qu’ils puissent être pleinement maîtrisés par leurs utilisateurs, qu’ils ne créent pas de dépendance ni de besoins nouveaux. Ce sont des techniques conviviales qu’il s’agit de développer et de répandre, au détriment par exemple de l’énergie nucléaire, de l’agriculture industrielle et de toute forme de gigantisme.

2Disséminer le Pouvoir2

La réalisation du projet écologiste requiert que les pouvoirs économiques soient subordonnés au pouvoir politique. Mais il lui est tout aussi essentiel que le pouvoir politique soit exercé par ceux qui auront à supporter les conséquences des décisions prises. Ceci implique le fédéralisme intégral : c’est aux unités les plus petites – quartiers et villages – de prendre toutes les décisions qui n’affectent qu’elles, et de se fédérer ou de s’associer pour toutes les matières où l’interdépendance s’avère nécessaire.

Il ne suffit cependant pas de décentraliser au maximum. A quelque niveau que ce soit, il faut aussi que les responsabilités politiques ne soient pas monopolisées par quelques-uns, et qu’elles soient soumises à un contrôle efficace et permanent de la part de l’ensemble de ceux qui sont concernés.

Enfin, les écologistes sont farouchement attachés au respect des libertés fondamentales de chaque être humain, telles qu’elles sont inscrites dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Ils sont solidaires de tous ceux qui luttent pour que ces libertés soient respectées, quelle que soit la nature du pouvoir politique qui les menace. Et ils sont solidaires de ceux-là aussi qui, dans le respect de ces libertés, luttent pour l’autonomie de leur peuple ou de leur région.

2Déjouer la crise2

  • Aux yeux des écologistes, ce projet apporte une réponse, la seule réponse viable à la « crise ». Non pas en résolvant dans ses propres termes – en absorbant le chômage par la relance de la croissance. Mais en saisissant la chance qu’elle offre pour remettre en question le plus radicalement la conception du progrès sur laquelle nous vivons depuis deux siècles. Et pour instaurer entre les hommes et les femmes, et entre les peuples, des relations moins mutilantes, plus sereines, plus fraternelles.

Le Mouvement

  • Le mouvement écologiste se nourrit de l’interaction et du soutien mutuel de trois composantes : les écologistes du quotidien, les associations, les mouvements politiques.

2Les Ecologistes du Quotidien2

  • Il y a toujours eu des individus et des collectivités (agriculteurs non industriels, communautés rurales) dont le mode de vie obligé était marqué par le respect de l’environnement. À partir des années soixante, ils furent rejoints par d’autres, consciemment à la recherche d’un mode de vie différent de celui que la société industrielle tendait à imposer. Que ce soit en milieu rural ou en milieu urbain, pour eux, l’écologie est et reste avant tout un comportement personnel, une manière d’être – de travailler, de se nourrir, de se soigner, etc. – sans nostalgie du passé.

2Les Associations2

  • A la même époque, suscitées par la prise de conscience des dégâts les plus visibles de la croissance industrielle, de très nombreuses associations de protection de l’environnement ont vu le jour, avec des objectifs bien délimités : préservation de la nature, sauvegarde des océans ou d’espèces animales en voie de disparition, sauvetage du patrimoine architectural, comités de quartiers, lutte anti-nucléaire, etc.
  • Petit à petit, une solidarité profonde de plus en plus nette est apparue entre les objectifs de ces associations et ceux des associations opérant apparemment dans un domaine très différent : organisation d’aide aux peuples du Tiers-Monde, mouvement pacifiste, mouvement féministe, mouvements communautaires et autogestionnaires, nouvelles coopératives, écoles alternatives, associations militant pour une autre conception de la médecine, etc.

2Les Mouvements Politiques2

  • Le développement de ces associations, la perception de leur convergence et de leur impact culturel grandissant ont conduit, au cours des années septante, à la constitution de mouvements politiques s’efforçant d’articuler une conception écologiste globale de la société : ECOLO et AGALEV en Belgique, Die Grünen en Allempagne, The Ecology Party en Grande-Bretagne, les Verts en France, De Federatieve Groenen aux Pays-Bas, Comhaontas Glas en Irlande, ALÖ en Autriche, Miljöpartiet en Suède, de Grønen au Danemark.

La Stratégie

  • Au service de son projet fondamental, ECOLO met en œuvre tous les moyens dont il peut disposer en tant que composante proprement politique du mouvement écologiste en Belgique francophone et germanophone.

2Plus qu’un Parti2

  • ECOLO est un parti politique. A ce titre, il participe aux élections, envoie des représentants à des assemblées législatives, participe, le cas échéant, au pouvoir exécutif et organise des actions diverses pour appuyer les positions qu’il y défend.
  • Mais ECOLO ne veut pas privilégier le travail dans les institutions, qu’il cherche d’ailleurs à désacraliser en confrontant à la réalité les discours qui y sont tenus. ECOLO se veut surtout un mouvement, en contact direct et permanent avec les multiples associations qui forment le tissu de la mouvance écologiste.

2Plus qu’un relais2

  • A l’égard des écologistes du quotidien et des associations, ECOLO veut d’abord jouer un rôle de relais politique, de porte-parole, d’outil, dans le respect intégral de leur autonomie et de leur liberté.
  • Mais son rôle ne s’arrête pas là. ECOLO se doit aussi de « dynamiser » la mouvance écologiste, en privilégiant une stratégie d’expérimen-tation sociale : prenant l’initiative de mobilisation sur des points précis, impulsant des formes d’organisation adéquates, jetant des ponts entre divers champs d’action, s’efforçant de conférer une cohérence à des combats aujourd’hui dispersés.

2Contagion Culturelle et Réformes Radicales2

  • Comme parti et comme mouvement, dans les initiatives qu’il prend comme dans les soutiens qu’il apporte, ECOLO accorde une importance centrale à son action culturelle. Il s’agit de diffuser le plus largement possible les idées que vivent et promeuvent, à leur niveau, les écologistes du quotidien et les associations. Il s’agit d’utiliser les institutions politiques comme une caisse de résonance au service d’une prise de conscience de l’impasse dans laquelle les sociétés industrielles se sont fourvoyées, et du mode de vie qui permettrait d’en sortir.
  • Parallèlement – et c’est tout aussi essentiel – ECOLO s’efforce à tous les niveaux de faire adopter des réformes radicales susceptibles d’aider à la réalisation de son projet fondamental. Par son action dans les institutions comme en dehors d’elles. ECOLO lutte pour les changements structurels décisifs permettant de maîtriser la croissance, de transformer les rapports sociaux, de répartir le pouvoir aux niveaux adéquats, de déjouer la crise.

2Une Autre Manière de Faire de la Politique2

  • Dans son fonctionnement interne autant que dans ses actions, ECOLO ne se donne que les seuls moyens qui sont compatibles avec ses fins. Ses structures s’inspirent des principes du fédéralisme intégral et visent à empêcher toute concentration du pouvoir en son sein. Ses ressources matérielles et humaines sont gérées avec un souci permanent de transparence et de démocratie. Sa participation aux institutions politiques n’implique en rien qu’il cautionne le fonctionnement de l’appareil d’Etat.
  • L’action d’ECOLO est radicalement non violente. Elle exclut tout recours à l’agression, fût-ce pour répondre à un agresseur. ECOLO n’a rien d’une avant-garde répondant à la violence organisée de la société par une contre-violence. Pour la réalisation de ses objectifs, il compte exclusivement sur la contagion culturelle des idées qu’il défend et sur l’adoption démocratique des réformes qu’il promeut.
  • Dans les actions qu’il suscite, dans les luttes auxquelles il participe, dans les mouvements sociaux auxquels il est associé, ECOLO veut vivre, expérimenter, apprendre l’autogestion qu’il entend promouvoir au niveau de la société entière. Il s’agit de se mettre à l’écoute de la population : c’est à elle de gérer ses propres luttes, de définir elle-même ses objectifs, de renouveler ses méthodes contre l’inertie, la stérilité et la volonté de récupération par des appareils politiques et syndicaux traditionnels. L’autogestion ne saurait se décréter ni s’improviser. Si elle doit demain être possible pour la société tout entière, elle doit se pratiquer et s’apprendre dans la vie, les débats, les actions d’aujourd’hui.

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