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Avons-nous notre avenir derrière nous ?
 
 
Isabelle Parmentier
Docteur en Histoire, Professeur, responsable du Pôle de l’histoire environnementale de l’Université de Namur (PolleN) et membre du Namur Groupe de Recherche Interdisciplinaire en Développement Durable (NaGRIDD). Présidente du Groupe de contact du FNRS Histoire de l’environnement-Réseau interdisciplinaire (HEnRI). Membre du comité scientifique du centre d’archives d’Etopia.
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L’histoire de l’environnement, hier, aujourd’hui, demain

« Un politicien pense à la prochaine élection.

L’homme d’Etat, à la prochaine génération. »

James Freeman Clarke

Loin d’être un champ de recherche sur lequel travailleraient uniquement quelques savants isolés et animés d’un militantisme inassouvi, l’histoire de l’environnement est une discipline scientifique dynamique qui aujourd’hui rassemble sur tous les continents des centaines de chercheurs de haut niveau, menant des enquêtes approfondies et critiques, tant au niveau local que régional ou global. En quarante ans, cette discipline a acquis ses lettres de noblesse et fait maintenant l’objet d’une reconnaissance académique et institutionnelle. Elle attire toujours plus de chercheurs, de jeunes étudiants qui réalisent des mémoires de master ou des thèses de doctorat, et des chercheurs plus expérimentés qui se tournent vers ce terrain, dont on est encore loin d’avoir tout dit. De larges secteurs de notre histoire environnementale restent encore à défricher, afin d’améliorer nos savoirs et d’orienter au mieux, en toute connaissance de cause, les politiques publiques d’aménagement du territoire et de développement durable.

Introduction

Longtemps, les cours d’histoire dispensés dans nos écoles primaires et secondaires, ainsi que ceux donnés dans l’enseignement supérieur, ont curieusement oublié un pan entier de l’évolution du monde : l’environnement. Aux leçons d’histoire politique, économique, sociale, religieuse et culturelle, ne venait guère se joindre de cours d’histoire « environnementale ». Tout au plus évoquait-on, en Belgique, dans les deux premières années du secondaire, « l’histoire du milieu ». Dans le cours d’histoire proprement dite qui prenait sa suite, seules la question des ressources naturelles dans le cadre des défrichements médiévaux monastiques (et des fameux toponymes en « sart » qui en ont découlé : Rixensart, Sart-Eustache, etc.), et la révolution industrielle, soulignant la précocité de notre pays en matière d’exploitation houillère et l’émergence de bassins miniers tels que Liège, Charleroi ou le borinage, étaient à l’ordre du jour.

Or, force est de constater aujourd’hui que « l’environnement a une histoire » [1], tout à la fois dépendante et indépendante de l’histoire des hommes, et que cet entrelacs de relations entre les êtres humains et le milieu qui les entoure, fait de flux et reflux, donne un cadre de compréhension majeur de l’évolution du monde et mérite une place à part entière dans la réflexion intellectuelle et politique [2]. C’est pourquoi on peut se réjouir qu’à présent l’histoire de l’environnement soit devenue un secteur de recherche et d’enseignement universitaire unanimement reconnu, même si elle n’a pas encore pleinement la place qui lui revient – notamment dans l’enseignement secondaire.

1. Une discipline, des réseaux

Arrivée dans le sillage de disciplines telles que la géographie, l’histoire des techniques, l’histoire économique, l’histoire rurale ou l’histoire urbaine, l’histoire environnementale a peu à peu acquis une reconnaissance mondiale [3]. Peu importe que ses origines fassent débat, qu’elle soit née dans les années 1970 aux Etats-Unis, dans la mouvance de la Wilderness, ou, en Europe, qu’elle ait été présente, en germes, dans les œuvres de Lucien Febvre ou de Fernand Braudel, représentants de l’Ecole des Annales dans la première moitié du vingtième siècle, ou encore que l’histoire du climat ait été magistralement et de manière pionnière traitée par Emmanuel Le Roy Ladurie en France dans les années 1960, ses racines diverses et profondes ont à présent donné des résultats scientifiques non négligeables, qui se sont inscrits dans des formes organisées, structurées et institutionnalisées.

En effet, aux quatre coins du monde académique, les chercheurs se réclamant de cette discipline se sont regroupés en centres, associations, réseaux ou équipes de recherche, donnant à ce domaine une visibilité nouvelle et un pouvoir d’actions supérieur à ce qu’étaient capables de mettre en œuvre des chercheurs isolés, notamment en termes d’édition de revues, d’organisation de colloques de grande ampleur et autres événements scientifiques. Et la Belgique n’est pas restée sur le bord du chemin [4].

Avant les années ’70, il existait déjà aux États-Unis des associations de chercheurs sur des thématiques circonscrites telles que l’histoire des forêts. Mais c’est essentiellement avec la mise sur pied de l’American Society for Environmental History (ASEH), fondée en 1977 et qui tint son premier congrès en 1982 à l’Université d’Irvine, en Californie, que la dynamique institutionnelle de l’histoire de l’environnement allait être lancée quelques années plus tard, et, avec elle, la construction de réseaux. Il faudra néanmoins encore attendre la fin des années ’90, et surtout cette dernière décennie, pour que les initiatives se multiplient. Parmi elles, on notera la création de réseaux multinationaux, comme l’European Society for Environmental History (ESEH) baptisée en 1999 et dont la première conférence eut lieu à St Andrews en 2001 ou la Sociedad Latinoamericana y Caribeña de Historia Ambiental (SOLCHA) (2006). À plus modeste échelle, des réseaux nationaux et régionaux furent également créés, tels que le Réseau universitaire de chercheurs en histoire environnementale (RUCHE) (2008), en France. D’autres ont aussi vu le jour, ciblés sur une période historique déterminée, l’Environmental History Network for the Middle Ages, par exemple, ou sur une problématique spécifique, tels que l’International Society for Historical Climatology and Climate History, portée sur les fonts baptismaux en 2013. En Belgique, les chercheurs néerlandophones se mobilisent depuis 1995 dans le CORN (Comparative Rural History of the North Sea Area), tandis que le réseau HEnRI (Histoire de l’environnement-Réseau interdisciplinaire), soutenu par le FNRS, a émergé en 2008 du côté francophone.

2. Des experts et des centres de recherche

Ces réseaux et associations regroupent des experts isolés ou des instituts, centres, groupes de recherche universitaires. En effet, dans les institutions scientifiques où le nombre de chercheurs en histoire de l’environnement a atteint une masse critique suffisante, des structures de recherche spécialisées sont nées. Elles sont nombreuses et vivaces. C’est le cas, notamment, de l’Institute for Environmental History (Université de St Andrews, Ecosse), depuis 1992, ou plus récemment, du Center for Historical Environment and socio-economic Development in Northwest China à la Normal University de Shaanxi (2000), ou encore du Rachel Carson Center for Environment and Society fondé à Munich en 2009, pour ne citer que ces quelques exemples. Dans notre pays, on soulignera la création en 1963 à l’UCL d’un Centre d’histoire rurale, puis d’un Centre d’écologie historique – cependant éphémère – par Léopold Genicot et René Noël. A l’université de Gand, Erik Thoen met sur pied, au début des années ’90, l’Onderzoekgroep Ecologische Geschiedenis (aujourd’hui fondu dans le Vakgroep Geschiedenis). Cette équipe de chercheurs travaille dans la lignée d’Adriaan Verhulst, pour qui la géographie historique, l’histoire des paysages et l’histoire agraire constituaient des thématiques centrales. Enfin, le Pôle de l’histoire environnementale de l’Université de Namur (PolleN), dirigé par Isabelle Parmentier, rassemble des chercheurs qui travaillent sur des thématiques variées, que ce soit sur les activités et pollutions industrielles, sur le milieu urbain, les rivières, les paysages, ou encore les produits du terroir.

3. Des outils pour diffuser le savoir

Certaines de ces associations et structures de recherche se sont dotées d’outils de communication : à côté de portails web donnant accès à une masse d’informations (bibliographies, liens internet, annonces de colloques, de recrutements…) – le principal en la matière étant H-Environment [5] –, elles éditent des revues dévolues à l’histoire environnementale. Ces parutions, de très haut niveau, donnent une crédibilité et une légitimité à ce champ disciplinaire. Après The environmental history newsletter, diffusée à partir d’avril 1974, l’ASEH publie depuis 1976 une revue trimestrielle, Environmental History. Les Européens lancent également leur revue en 1995, Environment and History. Toutes deux forment aujourd’hui les principales publications périodiques de référence dans le domaine. Mais les autres parties du monde ne sont pas en reste et l’Amérique latine, par exemple, dispose également d’un outil de diffusion des résultats de recherche, la Revista Historia Ambiental Latinoamericana y Caribeña depuis 2010. À ces publications disciplinaires, il convient d’ajouter les revues interdisciplinaires, qui ont placé l’environnement au cœur de leurs préoccupations, telles que VertigO-La revue électronique des sciences de l’environnement, très ouverte aux contributions historiques, Global Environment : A Journal of History and Natural and Social Sciences fondée en 2008, d’origine italienne, mais à portée mondiale, ou la revue internationale et pluridisciplinaire Environmental Humanities, récemment initiée depuis l’Australie (2012). Pour le territoire belgo-néerlandais, on notera le lancement en 1996 de la revue Tijdschrift voor ecologische geschiedenis, qui devient deux ans plus tard le Jaarboek voor ecologische geschiedenis.

À côté des revues sur la thématique de l’histoire environnementale, on relèvera aussi la parution d’encyclopédies et de dictionnaires spécialisés : l’Encyclopedia of World Environmental History, parue en 2004 [6], l’Encyclopedia of American Environmental History, publiée en 2011 [7], le Dictionary of Environmental History (2013) [8] ou encore, en ligne, Arcadia. Environment and Society Portal [9]. Ils témoignent du foisonnement des connaissances engrangées dans ce secteur et de la nécessité de procéder à un ordonnancement. Et, à l’instar de l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné de Diderot et d’Alembert, vitrine des Lumières au milieu du 18e siècle, ces œuvres sont aussi l’étendard d’une discipline, d’un courant historiographique. Elles montrent que l’on n’en est plus aux débuts et aux balbutiements, mais bien au bilan, à la somme des savoirs. La confiance en l’avenir de la discipline se marque pareillement à travers le lancement de collections dédicacées à l’histoire environnementale, telles que The Environment in History. Environmental Perspectives chez Berghahn Publishers (Oxford/New-York) ou L’environnement a une histoire chez Champ Vallon (Paris), ou encore, dans nos régions, la collection Historische Economie en Ecologie, dirigée par Erik Thoen et Eric Vanhaute, chez Academia Press. Comptant quelques titres chacune, ces collections ont misé avec conviction sur le développement des recherches en histoire environnementale dans un avenir proche et lointain.

4. Des rencontres scientifiques

Des événements scientifiques de premier plan, tels que les congrès d’histoire environnementale, américains (depuis 1982) ou européens (depuis 2001), ont permis aux chercheurs de se retrouver et d’échanger sur les résultats, les méthodes, les sources de l’histoire de l’environnement. En 2009, le premier congrès mondial dans le domaine (« 1st World Congress of Environmental History ») s’est tenu à Copenhague, sous la houlette d’un consortium international fondé quelques années plus tôt, en 2006-2008 ; ce congrès a rassemblé plus de 560 participants issus de 45 pays différents [10]. En Belgique, de « Premières rencontres d’histoire de l’environnement » se sont déroulées en 2008 à l’UNamur [11] ; les « Deuxièmes Rencontres » ont eu lieu quatre ans plus tard en 2012, dans la même université. On se doit aussi de noter la tenue de congrès pionniers en Europe tels que ceux menés par Geneviève Massard-Guilbaud (EHESS) : ce sont, notamment, les « Rencontres internationales pour une histoire de l’environnement : pollution et lutte contre la pollution urbaine en Europe aux XIXe et XXe siècles », mises sur pied à Clermont-Ferrand en 2000 [12], ou le colloque international organisé à Paris en 2008 et intitulé « Common Ground, Converging Gazes. Integrating the Social and Environmental in History » [13]. Ce ne sont là que quelques exemples parmi d’autres.

Conclusion et enjeux de l’histoire environnementale

On a pu le constater : l’histoire de l’environnement a aujourd’hui pignon sur rue et fait partie intégrante du paysage de la recherche historique. Suscitée par les préoccupations écologistes de ces dernières décennies – mais plongeant ses racines bien plus loin –, elle s’est développée et s’est déployée sur tous azimuts [14]. Les points d’ancrage de ces recherches sont multiples et le questionnement global. Des centaines de chercheurs se sont emparés avec fruit de la problématique ; ils ont bâti des structures appropriées menant à une reconnaissance institutionnelle.

Mais si l’histoire environnementale a fait émerger de nombreux savoirs, elle porte également en son sein des enjeux qui dépassent la simple connaissance fondamentale. Aujourd’hui, on ne peut envisager le développement durable des sociétés sans s’interroger sur la longue durée et sur l’évolution, dans l’Histoire, des défis environnementaux.

Les données historiques, puisées dans les archives et dans les publications anciennes [15], sont en effet éclairantes pour les gestionnaires de terrain. Plusieurs exemples illustrent l’intérêt « appliqué » que constituent ces matériaux [16] : l’impact des choix technologiques et la pollution industrielle, la transition forestière, la lutte contre les inondations, la préservation de la biodiversité ou la prévention des catastrophes naturelles sont autant d’exemples de terrains qui bénéficient ou pourraient bénéficier de l’apport des historiens environnementalistes.

En Wallonie, le décret « sols », entré en vigueur en 2009, a rendu nécessaire l’historique des pollutions : il importe dorénavant pour un propriétaire d’identifier les sources potentielles de pollution sur son terrain et de procéder à un assainissement, notamment en cas de cession ou de cessation d’activité industrielle ; la SPAQuE, habilitée pour ce faire, dispose d’ailleurs d’une cellule de recherches historiques [17]. Au Québec, la transition forestière – rendue nécessaire par l’état alarmant des forêts – repose sur un retour à la forêt préindustrielle (essences, structure d’âges) et, dès lors, sur une meilleure connaissance de celle-ci. A Bruxelles, des chercheurs ont mis en évidence la nécessité de mieux comprendre le phénomène des pluies – en ce compris les pluies exceptionnelles (décennales, centenaires) – afin d’adapter le réseau d’évacuation des eaux et de redessiner le paysage urbain. En différents points d’Europe, une attention particulière est portée à la (re)création de mares, hauts lieux de la biodiversité ; ces aménagements du territoire sont facilités par les repères historiques et les cartes anciennes. Enfin, les catastrophes naturelles qui se manifestent à la surface du globe souffrent d’un défaut d’éclairage historique – que se propose de combler le récent courant des Disaster Studies. Cet éclairage permettrait, couplé aux observations issues des sciences naturelles, de mieux saisir les ressorts de ces phénomènes et, de ce fait, d’améliorer la prévention et la protection des populations vulnérables ; les récentes éruptions volcaniques et typhons dévastateurs aux Philippines nous l’ont rappelé cruellement.

En conclusion, l’histoire de l’environnement, dans ses dimensions fondamentale et appliquée, n’est pas qu’une discipline tournée vers le passé : elle contribue à comprendre le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui et elle constitue un fantastique gisement de données et d’analyses pour les politiques qui dessineront la planète de demain.

A titre d’exemples, quelques réseaux

Internationaux

  • l’Australian & New Zealand Environmental History Network, depuis 1997
  • l’European Society for Environmental History (ESEH), depuis 1999
  • le réseau Quelques Arpents de neige [Québec, Ontario, USA], depuis 2003
  • la Society for Croatian Economic and Environmental History, depuis 2005
  • la Sociedad Latinoamericana y Caribeña de Historia Ambiental (SOLCHA), depuis 2006
  • l’Association of South Asian Environmental Historians (ASAEH), depuis 2007
  • le Nordic Environmental History Network (NEHN), rassemblant les pays scandinaves, 1er meeting en 2009
  • l’Association for East Asian Environmental History (AEAEH), depuis 2011 Nationaux
  • l’American Society for Environmental History (ASEH), depuis 1977
  • le Rede Brasileira de História Ambiental (RBHA), depuis 2007
  • le Network in Canadian History and Environment (NiCHE), depuis 2007
  • le Réseau universitaire de chercheurs en histoire environnementale (RUCHE), en France, depuis 2008
  • Histoire de l’environnement-Réseau interdisciplinaire (HEnRI), en Belgique francophone, depuis 2008
  • l’Irish Environmental History Network, depuis 2009
  • le Réseau Thématique Pluridisciplinaire (RTP) CNRS « Histoire de l’Environnement », en France, depuis 2010 Thématiques
  • la Vereniging voor Landbouwgeschiedenis, depuis 1939
  • la Forest History Society, depuis 1946
  • la British Agricultural History Society, depuis 1952
  • la Gesellschaft für Agrargeschichte, depuis 1953
  • la Society for Landscape Studies, depuis 1979
  • le Groupe d’histoire des forêts françaises, depuis 1980
  • l’Australian Garden History Society, depuis 1980
  • la Sociedad Española de Historia Agraria, depuis 1987
  • l’Australian Forest History Society, depuis 1988
  • l’Association for the Study of Literature and Environment (ASLE), depuis 1992
  • l’Association d’Histoire des Sociétés Rurales, depuis 1993
  • le réseau Comparative Rural History of the North Sea Area (CORN), depuis 1995
  • l’International Water History Association, depuis 2001
  • le Groupe d’Histoire des zones humides, depuis 2003
  • la Swiss Rural History Society, depuis 2009
  • le Climate History Network, depuis 2010
  • le Rural RePort Rede de História Rural em Português, depuis 2011
  • l’European Rural History Organisation (EURHO), depuis 2012-2013
  • l’International Society for Historical Climatology and Climate History, depuis 2013

Chronologique

  • Environmental History Network for the Middle Ages (ENFORMA), depuis 2009

    A titre d’exemples, quelques groupes, centres et instituts de recherche universitaires

  • le Rural and Environmental History Group (Université de Wageningen, Pays-Bas), depuis 1949
  • le Centre d’histoire des techniques [CDHT], devenu en 2004 le Centre d’histoire des techniques et de l’environnement [CDHTE], devenu en 2013 le Laboratoire Histoire des technosciences en société [HT2S] (CNAM, Paris), depuis 1960
  • Nelson Institute’s Center for Culture, History and Environment [CHE] (Université du Wisconsin-Madison, USA), depuis 1970
  • l’Institute for Environmental History (Université de St Andrews, Ecosse), depuis 1992
  • l’Onderzoekgroep Ecologische Geschiedenis (aujourd’hui fondu dans le Vakgroep Geschiedenis, UGent), depuis le début des années ’90
  • le Grupo de investigación Historia, Ambiente y Política (Université Nationale de Colombie/Université de Los Andes), depuis 1997
  • le Abteilung für Wirtschafts-, Sozialund Umweltgeschichte (WSU) à l’Université de Bern, depuis 1997
  • le Centre for Environmental History and Policy [CEHP] (University of Stirling, Ecosse), depuis 1999
  • le Center for Historical Environment and socio-economic Development in Northwest China (Normal University de Shaanxi), depuis 2000
  • l’International Environmental History Group [IEHG] (Université de Tampere, Finlande), depuis 2001
  • le Centre for World Environmental History [CWEH] (Université du Sussex, UK), depuis 2002
  • l’AHRB Research Centre for Environmental History (University of Stirling et Université de St Andrews, Ecosse), depuis 2002
  • le Zentrum fur Umweltgeschichte [ZUG] (Université de Vienne, Autriche), depuis 2003
  • le Graduiertenkolleg Interdisziplinäre Umweltgeschichte (Université de Göttingen, Allemagne), depuis 2004
  • le Center for Environmental and Technological History (European University at St Petersburg, Russie), depuis 2002
  • le Groupe de recherche en histoire environnementale [GRHEN] (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris), depuis 2008
  • le Pôle de l’histoire environnementale de l’Université de Namur [PolleN], depuis 2008
  • le Rachel Carson Center for Environment and Society (Munich, Allemagne), depuis 2009
  • le Centre for Environmental History at the Australian National University, depuis 2009
  • le Center for Environmental History in Estonia [KAJAK] (Université de Tallinn), depuis 2011-2012
  • le Center for Ecological History (Renmin University of China), depuis 2012

Sur des thématiques spécifiques (exemples)

  • le Centre d’histoire des sciences et des techniques (ULg), depuis 1982
  • l’Interfacultair Centrum voor Agrarische Geschiedenis (KULeuven), depuis 2001
  • l’Institut für Geschichte des ländlichen Raumes [Institute of Rural History] (St-Pölten, Autriche), depuis 2002

    A titre d’exemples, quelques revues académiques spécialisées (version papier et/ou en ligne)

  • Environmental Review, devient Environmental History Review en 1990, Environmental History en 1996, depuis 1976 (USA)
  • Environment and History, depuis 1995 (UK, Europe)
  • Tijdschrift voor ecologische geschiedenis, devient deux ans plus tard le Jaarboek voor ecologische geschiedenis, depuis 1996 (Belgique-Pays-Bas)
  • Klaudyan, Internet journal for historical geography and environmental history, depuis 2000 (Tchéquie)
  • Ekonomska i ekohistorija [Economic and Ecohistory : Research Journal for Economic and Environmental History], depuis 2004 (Croatie)
  • Global Environment : A Journal of History and Natural and Social Sciences, depuis 2008 (Italie, Europe)
  • Revista Historia Ambiental Latinoamericana y Caribeña (HALAC), depuis 2010 (Amérique latine)
  • Ympäristöhistoria Finnish Journal of Environmental History (YFJEH), depuis 2011 (Finlande)
  • Environmental Humanities, depuis 2012 (Australie) Il existe également plusieurs revues sur des thématiques spécifiques (exemples)
  • Forest & Conservation History, puis Forest History, puis Journal of Forest History, 1957-1989 (USA)
  • Technology and Culture, depuis 1959 (USA) – comprend de nombreux articles d’histoire environnementale
  • Tijdschrift voor Waterstaatsgeschiedenis, depuis 1992 (Pays-Bas)
  • Histoire et sociétés rurales, depuis 1994 (France)
  • Ruralia. Revue de l’Association des ruralistes français, depuis 1997 (France)
  • Revue d’histoire maritime, depuis 1997 (France)
  • Journal of the North Atlantic [an archaeology and environmental history journal], depuis 2008 (USA, Europe)
  • ISLE : Interdisciplinary Studies in Literature and Environment, depuis 2009 (USA)
  • Water History, depuis 2009 (Pays-Bas)
  • Coriolis. Interdisciplinary Journal of Maritime Studies, depuis 2010 (USA)

Quelques newsletters :

  • The Environmental History Newsletter, depuis 1974 (USA)
  • Contactblad Net Werk voor de geschiedenis van hygiëne en milieu, 1986-2001 (Pays-Bas)
  • Chinese Environmental History Newsletter, 1994-1996 (Chine)
  • Nieuwsbrief Milieugeschiedenis Lage Landen, depuis 2007 (Pays-Bas)

[1Cette expression est le titre d’une nouvelle collection entamée depuis 2010 chez Champ Vallon (France) et dirigée par G. Quenet. Voir également Hughes J. D., What is Environmental History ?, 2e éd., Cambridge-Malden, 2011.

[2Voir Mosley St., The Environment in World History, Londres, 2010.

[3Pour un tour d’horizon de la discipline et de sa naissance, voir : McNeill J.-R., Observations on the nature and culture of environmental history, dans History and Theory, t. 42, 2003, p. 5-43 ; Winiwarter V., éd., Environmental history in Europe from 1994 to 2004 : enthusiasm and consolidation, dans Environment and History, t. 10, fasc. 4, 2004, p. 501-530 ; Locher F. et Quenet G., L’histoire environnementale : origines, enjeux et perspective d’un nouveau chantier, dans Revue d’histoire moderne et contemporaine, t. 56, vol. 4, 2009, p. 7-38 ; McNeill J.R., The State of the Field of Environmental History, dans Annual Review of Environment and Resources, t. 35, 2010, p. 345-374.

[4Pour un panorama belge, voir : Thoen E., Verbruggen Ch., Van der Windt H. et Greefs H., « Ecologische geschiedenis » : een discipline met oude wortels, vele takken en jonge vruchten, dans Jaarboek voor Ecologische Geschiedenis, t. 10, 2007, p. 1-22 ; Thoen E., et Soens T., L’histoire de l’environnement en Flandre. Origine et développement de la discipline, spécialement dans les universités de Gand et d’Anvers, dans Parmentier I. dir., avec la coll. de C. Ledent, La recherche en histoire de l’environnement : Belgique-Luxembourg-Congo-Rwanda-Burundi, Namur, 2010, p. 39-60 (Presses universitaires de Namur. Collection Autres futurs, n° 3) ; Parmentier I., L’histoire environnementale et la Ville : orientation et structuration de la discipline en Belgique, dans Cahiers bruxellois. Revue d’histoire urbaine, t. XLIII : Regards croisés sur les recherches actuelles en histoire urbaine : France, Belgique, Pays-Bas, fin du Moyen Âge - 19e siècle. Actes du colloque organisé par la Société Française d’Histoire Urbaine et les Archives de la Ville de Bruxelles, à Bruxelles, les 28 et 29 janvier 2010, éd. par C. Denys, J. Houssiau, F.-J. Ruggiu, 2011-2012, p. 43-57, ainsi que l’article à paraître dans la Revue Belge d’Histoire Contemporaine : Verbruggen Ch., Thoen E. et Parmentier I., Environmental History in Belgian Historiography.

[5http://www.h-net.org/~environ/. Autre outil : Online Bibliography on Latin American Environmental History sur http://www.csulb.edu/projects/laeh.

[6Krech Sh., McNeill J. R., Merchant C., dir., Encyclopedia of World Environmental History, 3 vol., Londres, 2004.

[7Brosnan K.A., dir., Encyclopedia of American Environmental History, 4 vol., New York, 2011 (coll. Facts on File Library of American History).

[8Whyte I. D., A Dictionary of Environmental History, 2 vol., Londres, 2013.

[9“A collaboration of the Rachel Carson Center and the European Society for Environmental History, Arcadia is an online platform for the publication and sharing of short, illustrated environmental histories.” http://www.environmentandsociety.org/arcadia.

[11Voir les actes : Parmentier I., dir., avec la coll. de C. Ledent, La recherche en histoire de l’environnement : Belgique-Luxembourg-Congo-Rwanda-Burundi, Namur, 2010 (Presses universitaires de Namur. Collection Autres futurs, n° 3).

[12Voir les actes : Massard-Guilbaud G. et Bernhardt Chr., Le Démon moderne. La pollution dans les sociétés urbaines et industrielles d’Europe / The Modern Demon. Pollution in Urban and Industrial European Societies, Clermont-Ferrand, 2002.

[13Voir les actes : Massard-Guilbaud G. et Mosley St., Common Ground. Integrating the Social and Environmental in History, Cambridge, 2011.

[14L’Afrique reste toutefois le parent pauvre de la discipline. Si des recherches en histoire environnementale sont menées sur ce terrain, celles-ci sont souvent réalisées par des chercheurs hors Afrique et ne sont pas encore inscrites dans les structures institutionnelles. Voir par exemple McCann J.C., Green Land, Brown Land, Black Land : an environmental history of Africa 1800-1900, Portsmouth, 1999.

[15La collecte des sources – condition sine qua non de la recherche – est l’objet de constantes préoccupations, qui ne doivent pas fléchir. On mentionnera ici, pour le cas de la Belgique, les remarquables initiatives menées par l’Amsab-ISG du côté néerlandophone, et par le Centre d’Archives privées d’Etopia du côté francophone, qui tous deux collectent les archives de la mouvance environnementale. De même, il faut signaler le travail fait par les Archives générales du Royaume et Archives de l’Etat dans les provinces (voir le projet GARDEN sur http://garden.hypotheses.org/), ou encore celui du CHST à l’ULg et celui de La Fonderie relatifs aux archives d’entreprises (pour les relations entreprises/environnement/santé publique, voir le récent Cahier de La Fonderie, n° 47 : Port du masque obligatoire, 2013).

[16Voir les cas développés dans Parmentier I., Un exemple de « Public History » : les archives de l’histoire de l’environnement et le développement durable (biodiversité, transition forestière et inondations), dans Honnoré L. et Parmentier I., dir., Archives, histoire de l’environnement et développement durable, Namur, 2013, p. 62-71 (Carnets du Développement durable, n° 6).

[17Voir à ce sujet la contribution de Sabine Radas « La valorisation intellectuelle et économique des archives ou quand deux mondes se rencontrent – le cas de la pollution des sols » dans le présent volume, p. 211.


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