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Reinhard Loske, Jörg Haas, Sascha Müller-Kraenner, Ingrid Nestle, Hermann Ott, Boris Palmer et Roland Schaeffer.

Texte traduit par Benoît Lechat, Etopia.

1. Défendre la Planète est la tâche des Verts

Les Verts ont co-dirigé l’Allemagne pendant 7 ans. A côté de la modernisation sociétale, la participation a permis d’engranger de grands succès environnementaux. On ne doit pas en douter. Cependant, par rapport à la réalité des défis, il vaudrait mieux parler de commencements positifs figurant parfois à côté de tendances négatives persistantes. Il est certes vrai qu’en matière de protection du climat, l’Allemagne est l’un des rares borgne au pays des aveugles, mais il est malheureusement tout aussi vrai que nos émissions moyenne par habitant restent comme auparavant les plus élevées des grandes nations industrialisées européennes. Tout plaide dès lors pour une analyse réaliste de notre période gouvernementale, qui reconnaît ce qui a été atteint et qui nomme aussi clairement ce qui n’a pas été atteint, tout comme les causes de ce qui n’a pas été atteint. Nous ne sommes pas une association de défense et de promotion de l’héritage rouge-vert. Nous voulons nous préparer sérieusement à de futures participations gouvernementales, ce qui doit aussi comprendre une part de travail autocritique.

La raison peut-être décisive pour laquelle les Verts ont perdu en rayonnement politique en ce qui concerne l’écologie, tient au fait que les périodes de participation gouvernementales ne sont pas nécessairement compatibles avec des analyses sans concession ainsi qu’avec la formulation de réponses radicales. Mais aujourd’hui encore on sent encore trop l’influence d’une pensée « mainstream ». L’aspiration à ne heurter personne n’est pas seulement contraire à l’esprit du temps. Elle rend les Verts gris. S’ils veulent se remettre à la hauteur des défis écologiques, les Verts doivent dire clairement ce qu’il adviendra si nous n’agissons pas et ce qu’il convient de faire. On peut appeler cela une re-radicalisation, parce que les mesures nécessaires pour protéger le climat vont bien au-delà de ce qui est discuté actuellement. Nous préférons parler d’un nouveau réalisme dans la politique écologique, parce que les présupposés qui étaient retenus jusqu’ici ne sont plus réalistes.

L’effet de serre concentre toutes les évolutions néfastes de la civilisation moderne : la combustion excessive de charbon, gaz et pétrole, la recherche et l’exploitation de ressources naturelles, l’industrialisation avec son usage intensif de matières premières, l’intensification d’une agriculture de plus en plus chimique, l’élevage intensif, la consommation excessive, la transformation de la forêt et de la savane en terre agricole. La catastrophe climatique qui approche est en quelque le résultat de « l’addition de toutes ces fautes ». Ces fautes, qui ont été avant tout commises par les pays industrialisés, sont actuellement copiées par les pays en développement et d’abord par la Chine, l’Inde et le Brésil avec des effets dévastateurs pour notre terre. Si le réchauffement global franchit le seuil de deux degrés Celsius par rapport à la température moyenne de l’aire préindustrielle, nous serons confrontés directement à la menace d’une fonte irréversible des calottes glaciaires et par conséquent, à l’élévation du niveau de la mer de plusieurs mètres.

Si on prend au sérieux les prévisions des climatologues, alors les dix à quinze prochaines années seront décisives pour produire un renversement de tendance. Nous proposons dès lors que les Verts mettent clairement la protection du climat au centre de leur politique et orientent systématiquement tous les domaines politiques en fonction de cet objectif. Nous voulons nous engager pour les projets suivants :

2. Priorité économie d’énergie

Beaucoup de choses ont été réalisées entre 1998 et 2005 en matière d’économies d’énergie. Mais les énormes potentiels d’économies sont actuellement utilisés d’une manière totalement insuffisante. Elles constituent pourtant la pierre d’angle de la protection du climat. Celui qui économise de l’énergie, réduit également ses coûts, ce qui n’est pas le moins important au moment où les prix du pétrole, du gaz et de l’électricité explosent. D’un point de vue macro-économique, les économies d’énergie ont aussi d’énormes avantages, parce qu’elles permettent de remplacer l’importation chère de gaz ou de pétrole par l’intelligence des ingénieurs, la performance des ouvriers et de la production industrielle. La plupart des mesures d’économie d’énergie profite aux artisans et aux classes moyennes : de l’assainissement des bâtiments jusqu’à la modernisation des installations de chauffage en passant par les chauffe-eau solaire et les installations photovoltaïques. Nous plaidons dès lors pour une campagne « les métiers ont des racines vertes ».

3. Kyoto plus

Le protocole de Kyoto est doublement mis sous pression : d’une part par ceux qui torpillent toute forme de protection du climat et d’autre part par ceux qui trouvent que le mécanisme des traités est trop souple. D’une part, « Kyoto plus » doit maintenir l’architecture du protocole et la développer, notamment en ce qui concerne la fixation d’objectifs obligatoires de réduction des émissions. D’autre part, il doit être ouvert à une offensive technologique ayant pour contenu l’économie d’énergie, l’efficience énergétique et les énergies renouvelables. Pourquoi ne pas lancer un grand programme européen pour le climat doté d’immenses moyens financiers et comparables à la mobilisation des USA pour les voyages dans la lune ? Un programme pour la résolution du problème climatique créé par l’homme !

3.1 La bioénergie oui, mais verte

Il y a actuellement une véritable mode des bioénergies ! Nous pensons qu’il est en effet raisonnable qu’elles soient développées pour la production d’électricité de chaleur ou pour les transports. Mais nous sommes aussi conscients des problèmes que pose l’engagement à grande échelle dans la culture des plantes énergétiques. Il faut à tout prix éviter que l’augmentation du recours aux carburants bio n’entraîne un recours plus intensif aux pesticides, aux engrais minéraux ainsi qu’une extension de la monoculture.
Dans les pays tropicaux, le danger existe que la culture de plantes énergétiques n’entraîne la destruction massive de forêts primaires. C’est déjà en partie le cas, au Brésil, en Indonésie et en Malaisie. Nous nous trompons lorsque nous disons que la bioénergie est par définition une énergie verte. Elle ne l’est pas. Il faut développer un certificat doté de critères écologiques pour la bioénergie qui fait l’objet d’un commerce international, sans quoi l’automobile risque de devenir l’un des facteurs majeurs de la destruction des forêts tropicale.

3.2 Des infrastructures vertes pour tous

Dans les deux prochaines décennies, nous pouvons lancer en Allemagne un gigantesque programme d’investissements dans les infrastructures en réseau, dans les centrales électriques, dans l’assainissement des eaux, dans les infrastructures ferroviaires. Nous voulons saisir cette fenêtre d’opportunité pour une offensive d’investissements écologiques.

3.3 Ecomobile

Les besoins en pétrole du secteur des transports doivent être réduits de manière drastique. Nous devons parvenir à un transfert d’au moins 20 pc du trafic automobile vers des modes de transport durables. Nous proposons des limitations obligatoires de l’utilisation des flottes, l’utilisation de biocarburants issus de l’agriculture biologique et une limitation générale de la vitesse à 130 km/h sur les autoroutes. Cela entraînera une entrée en service de véhicules plus légers dotés de nouvelles techniques de motorisation. De plus, la capacité d’innovation d’une des branches les plus importantes de l’industrie sera enfin poussée dans une direction respectueuse de l’environnement.

A part quelques exceptions tout à fait mineures, le réseau routier allemand n’a plus besoin de nouvelles extensions. Il faut donc passer de la construction de nouvelles routes à l’entretien et l’amélioration du réseau existant, afin de conserver la qualité du réseau disponible. Les exemples de Londres et de Stockholm montrent que la manière la plus efficace de provoquer un transfert modal vers le rail et le bus réside dans l’introduction de droits d’entrée dans les villes. Nous proposons donc l’adoption d’un cadre juridique fédéral pour l’introduction de redevances urbaines pour les voitures. Leurs recettes doivent être affectées à l’amélioration du transport public.

4. Oser plus de vie sauvage

Nous plaidons pour qu’au moins 10 pc de la surface de l’Allemagne soient mis sous statut de zone naturelle protégée et que ces différentes zones soient reliées entre elles. Nous nous réjouissons que le lynx, le chat sauvage, le loup et l’ours brun reviennent en Allemagne et nous plaidons pour une coexistence pacifique entre l’homme et l’animal, ce qui implique l’existence de zones de refuge pour les animaux sauvages. Plutôt que d’entretenir la panique quand l’ours revient, nous voulons de l’éducation et des dédommagements quand c’est nécessaire.

Nous nous réjouissons du fait qu’au sein des Verts, on puisse discuter et se disputer sur tout, sauf en pratique sur la politique écologique. Il y a là une sorte de fausse confiance en soi qui dit « mais oui, sur ce point, nous sommes tous d’accord et on nous considère comme compétents ». Une telle attitude est problématique à un double titre. D’une part, déclamer, c’est plus ennuyeux que de discuter. On ne convainc personne de s’intéresser à la politique. Et par ailleurs c’est aussi erroné. Il existe une masse de questions controversées : est-ce que la croissance économique continue et la protection du climat sont conciliables ? N’avons-nous pas plutôt besoin d’une révolution fondamentale de notre culture et de notre mode de vie que ce que suggère le discours lénifiant de la modernisation écologique ? Comment résolvons-nous les conflits d’objectifs entre la bioénergie et la biodiversité, entre la protection du paysage et l’énergie éolienne ?

Celui qui revendique d’être le parti de la protection du climat, il doit aussi en faire un point de discussion interne. Ce n’est que comme cela que nous parviendrons à être crédible et que nous pourrons combattre l’attitude pessimiste selon laquelle le changement climatique est de toutes les manières inexorable. Nous plaidons de manière déterminée pour un nouveau et radical réalisme en matière d’écologie.


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